L’Annexe (Tender)

L’annexe est probablement l’équipement le plus utilisé d’un trawler au mouillage, et paradoxalement celui auquel on accorde le moins d’attention lors de l’achat. Elle devient le moyen de transport quotidien : courses, ravitaillement en eau, sorties à terre, exploration des criques. Une annexe mal dimensionnée transforme chaque trajet en frustration.

Les annexes rigides offrent la meilleure tenue de mer et les meilleures performances. Une annexe rigide de 3 mètres avec un moteur de 6 chevaux plane facilement et atteint 15 à 20 nœuds. Inconvénients : poids de 50 à 80 kg, encombrement impossible à réduire, fragilité aux chocs.

Les annexes semi-rigides combinent une coque rigide avec des boudins gonflables. Excellent compromis entre stabilité, performances et protection contre les chocs. Une semi-rigide de 3 à 3,5 mètres transporte 4 à 5 personnes, supporte des moteurs jusqu’à 15-20 chevaux. Poids de 60 à 100 kg. C’est le choix le plus courant sur les trawlers de 15 mètres.

Les annexes pneumatiques pures se dégonflent et se plient en un sac de 80x50x40 cm pesant 25 à 40 kg. Le gonflage prend 10 à 15 minutes. Performances limitées : 8 à 10 nœuds maximum, supporte mal le clapot. Convient aux mouillages calmes et trajets courts.

Pour un trawler de 15 mètres, les tailles courantes se situent entre 2,80 et 3,50 mètres. En dessous de 2,80 mètres, l’annexe devient trop petite pour transporter confortablement deux personnes avec des courses. Au-dessus de 3,50 mètres, elle devient encombrante.

Les moteurs 4 temps consomment 30 à 40 % moins d’essence que les 2 temps, ne génèrent ni fumée ni odeur, et sont beaucoup plus silencieux. Surcoût de 300 à 500 euros amorti en quelques années. Un moteur de 5 à 6 chevaux suffit pour une semi-rigide de 3 mètres avec 2 à 3 personnes.

Les moteurs électriques offrent silence absolu et maintenance quasi nulle. Limites : autonomie de 10-20 km selon conditions, puissance équivalente à 2-4 chevaux thermiques, recharge de 3 à 6 heures. Conviennent aux trajets courts en zones calmes.

Le TEMO est un moteur électrique portable de 13 kg, conçu et fabriqué en France. Il offre faibles dimensions et poids, une grande facilité d’usage et une bonne sécurité anti-vol. Autonomie de 8-15 km, puissance équivalente à 3 chevaux. Convient aux annexes légères de 2,80 – 3,20 m en zones calmes.

Les bossoirs arrière (3 000 à 8 000 euros installés) hissent l’annexe hors de l’eau.

Le remorquage freine le bateau et crée un risque par mer formée.

Le stockage dégonflé évite tous les problèmes mais nécessite 15-20 minutes par usage.

Ce qu’il faut faire

Dimensionner correctement pour l’usage réel. Pour un couple avec usage quotidien, une semi-rigide de 3 à 3,20 mètres avec moteur 4 temps de 5-6 chevaux représente le meilleur compromis.

Rincer le moteur après chaque usage en eau salée. Faire tourner dans un seau d’eau douce ou utiliser des oreilles de rinçage. Cette opération de 3 minutes prolonge la durée de vie de plusieurs années.

Vidanger le moteur 4 temps annuellement (15 minutes, 20-30 euros). Vérifier et nettoyer la bougie annuellement, la changer tous les 2-3 ans.

Vidanger le carburateur avant toute immobilisation de plus d’un mois. L’essence laissée dans la cuve s’évapore et laisse des dépôts qui bouchent les gicleurs.

Préparer l’hivernage correctement : vidange carburateur, changement d’huile, graissage des pièces mobiles, retrait de la bougie avec ajout d’huile dans le cylindre, stockage au sec.

Porter systématiquement un gilet en annexe, particulièrement par mer formée ou de nuit. Les gilets autogonflants modernes (50-100 euros) sont compacts et confortables.

Emporter toujours des rames ou pagaies et un téléphone étanche. Une panne moteur peut devenir critique.

Respecter les charges maximales inscrites sur la plaque constructeur. Une annexe surchargée a un franc-bord réduit et un risque de chavirement augmenté.

Équiper l’annexe du minimum de sécurité obligatoire : gilets pour tous, moyen de repérage lumineux, moyen de remonter à bord.

Ce qu’il faut éviter

Sous-dimensionner l’annexe pour économiser. Une annexe de 2,50 m avec moteur de 3-4 chevaux est trop petite pour transporter confortablement deux personnes avec des courses. Le surcoût de 1 000-1 500 euros pour une annexe correctement dimensionnée évite des frustrations quotidiennes.

Remorquer l’annexe par mer formée. Le remorquage par mer calme sur courtes distances est acceptable, mais par mer formée, l’annexe peut chavirer, se remplir d’eau, ou casser son amarre. Beaucoup de propriétaires ont perdu leur annexe en remorque.

Choisir un moteur 2 temps pour économiser. Le 4 temps consomme 30-40 % moins d’essence, ne consomme pas d’huile, génère moins de bruit et de fumée. Sur 5 ans d’usage quotidien, le surcoût est largement amorti.

Négliger l’entretien du moteur en pensant que « ça marche toujours ». Les moteurs d’annexe tombent en panne fréquemment précisément parce que leur entretien est négligé.

Ne jamais rincer le moteur après usage en eau salée. Le sel corrode rapidement les circuits internes et divise la durée de vie par deux ou trois.

Surcharger systématiquement l’annexe. Une annexe homologuée pour 4 personnes atteint rapidement sa charge maximale avec 4 adultes et quelques sacs. Le franc-bord se réduit et le risque de chavirement augmente.

Ne jamais porter de gilet en annexe sous prétexte que « c’est juste 500 mètres jusqu’au port ». Les accidents arrivent précisément dans ces situations.

Le conseil Club Menorquin

L’annexe est trop souvent le parent pauvre de l’équipement du bateau. On y consacre peu d’attention, on choisit le modèle le moins cher, on néglige l’entretien. Cette négligence se paie en frustrations quotidiennes, en pannes au mauvais moment, et en risques de sécurité.

L’investissement initial pour une bonne annexe semi-rigide et un moteur de qualité représente moins de 1 % du coût d’un trawler, mais cet investissement conditionne le confort quotidien au mouillage.

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