L’entretien de la survie et de la pirotechnie
Une survie révisée et une pirotechnie conforme sont des éléments vitaux de sécurité. En navigation côtière comme hauturière, leur conformité conditionne à la fois votre sécurité réelle et la validité de votre assurance en cas de sinistre.
La révision d’un radeau de survie est obligatoire tous les trois ans. La date figure sur le conteneur ou sur la plaque signalétique, ainsi que dans le carnet du fabricant. Au-delà de l’échéance, la survie est considérée comme non conforme.
La révision doit être effectuée par un centre agréé par la marque (Plastimo, SeaSafe, etc.). Le centre ouvre le radeau, vérifie la structure, les gonflages, les coutures, le système de percussion, remplace les éléments périmés (rations, fusées, pharmacie interne) et reconditionne le tout sous scellé.
Une survie non révisée peut ne pas se gonfler correctement ou présenter des défauts invisibles. Les joints vieillissent, les systèmes de percussion peuvent se gripper, les éléments pyrotechniques internes expirent.
Les fusées et feux à main ont une date limite d’utilisation inscrite sur chaque dispositif. Une fusée périmée est interdite à bord. Elle doit être déposée dans un point de collecte spécialisé, jamais jetée aux déchets classiques.
Les extincteurs doivent être contrôlés visuellement chaque saison (manomètre dans le vert, absence de corrosion) et remplacés ou rechargés selon les recommandations du fabricant. Un extincteur périmé peut être considéré comme non conforme lors d’un contrôle.
Les gilets autogonflants nécessitent une vérification annuelle : cartouche de CO2 non percutée, pastille de déclenchement valide, sangle et coutures en bon état. Les cartouches de remplacement doivent correspondre exactement au modèle du gilet.
La pharmacie de bord doit être adaptée au programme de navigation. Les dates de péremption des médicaments et antiseptiques doivent être vérifiées régulièrement.
En cas de contrôle en mer, les affaires maritimes vérifient les dates, le nombre d’équipements obligatoires et leur conformité au programme de navigation déclaré.
Ce qu’il faut faire
Vérifier la date de prochaine révision inscrite sur la survie et planifier l’intervention avant l’échéance des trois ans. Ne pas attendre le dernier moment : les centres agréés ont des délais d’immobilisation pouvant aller de quelques jours à plusieurs semaines selon la saison.
Confier la révision à un centre agréé par la marque. Le Club recommande notamment Mare Nostrum, partenaire du Club Menorquin et centre agréé pour la révision des survies, ou Sac à Voiles, shipchandler internet de l’un de nos membres, pouvant orienter vers des centres agréés et gérer la logistique.
Déposer la survie au point convenu et prévoir un délai d’immobilisation suffisant avant le départ en navigation. Une survie en révision n’est pas disponible à bord.
Contrôler chaque début de saison l’ensemble des équipements de sécurité : dates des fusées et feux à main, pression des extincteurs, état des gilets et cartouches, contenu et péremption de la pharmacie de bord.
Rapporter les fusées périmées chez un revendeur nautique participant aux collectes réglementées. Ne jamais tenter de les utiliser pour les éliminer ni les jeter avec les déchets ordinaires.
Conserver les certificats de révision à bord : ils peuvent être demandés lors d’un contrôle maritime ou par l’assurance en cas de sinistre. Un équipement révisé sans justificatif peut être traité comme non conforme.
Tenir un tableau de bord des dates d’échéance de tous les équipements de sécurité. Une simple feuille plastifiée dans la timonerie suffit pour avoir une vision claire des révisions à planifier sur les deux à trois années à venir.
Ce qu’il faut éviter
Dépasser la date de révision de la survie en pensant que « cela ira encore une saison ». En cas d’accident, l’expertise technique vérifiera systématiquement la conformité des équipements. Une survie hors délai peut invalider les garanties de l’assurance.
Stocker des fusées périmées à bord « au cas où ». Elles ne sont plus conformes réglementairement et peuvent devenir instables avec le temps.
Remplacer une cartouche de gilet autogonflant par un modèle approximatif ou non homologué pour ce gilet. La compatibilité entre cartouche et mécanisme de déclenchement est essentielle au bon fonctionnement. Un gilet qui ne s’ouvre pas au bon moment ne sert à rien.
Reporter la vérification des extincteurs d’une saison sur l’autre. La corrosion interne est fréquente en environnement marin, même sur des extincteurs peu utilisés. Un extincteur dont le manomètre est dans le rouge ou dont le corps présente des traces de rouille doit être remplacé sans délai.
Attendre le contrôle des affaires maritimes pour découvrir un équipement périmé. Les sanctions peuvent inclure une amende et une immobilisation du bateau. L’anticipation est la seule réponse raisonnable.
Négliger la pharmacie de bord en pensant qu’elle « durera bien encore un an ». Les médicaments périmés perdent leur efficacité et peuvent devenir dangereux. La pharmacie doit être adaptée au programme de navigation et revue chaque saison.
Le conseil Club Menorquin
Une survie révisée est l’assurance de fonctionnement le jour où tout le reste a échoué. La pirotechnie, les gilets et les extincteurs sont invisibles jusqu’au moment critique — celui où l’on a besoin qu’ils fonctionnent sans défaillance. Anticiper les dates et réaliser un contrôle complet en début de saison.


